La claire fontaine - David Bosc

David

- Editions Verdier -

L'homme qui venait de franchir la frontière, ce 23 juillet 1873, était un homme mort et la police n'en savait rien. Mort aux menaces, aux chantages, aux manigances. Un homme mort qui allait faire l'amour avant huit jours.
En exil en Suisse, Gustave Courbet s'est adonné aux plus grands plaisirs de sa vie¿: il a peint, il a fait la noce, il s'est baigné dans les rivières et dans les lacs.

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Ce récit est un délice, on le savoure et on le dévore pour peu que l'on s'intéresse à la peinture et à l'effervescence de cette fin du XIXème.


Ce récit, c'est Gustave Courbet, le peintre » réaliste » – » ni nostalgique ni moderne [...] le réalisme de Courbet est une riposte à la fable sociale, au fameux modèle de société, à la civilisation, au programme des écoles des classes asservies, au programme des écoles des classes dirigeantes, aux recueils de lecture à l'usage des jeunes filles. le réalisme de Courbet lacère les décors derrière lesquels on accomplit la sale besogne, il déchire les toiles peintes : les bouquets d'angelots par-dessus les théâtres, les fées clochette, les diables, les allégories en fresque dans les écoles et dans les gares, où l'on voit les déesses de l'industrie et de l'agriculture, les splendeurs des colonies et les prodiges de la science. » – ; c'est Gustave Courbet le communard- bien que « jamais on ne l'entendit faire l'ancien combattant. La Commune était dans son cœur comme un amour défunt. » -, les quelques années, les dernières années de sa vie au bord du Léman et les » emmerdements » qu'a entraînés la destruction de la Colonne Vendôme; c'est la nature et sa nature, son plein appétit, son intempérance.

Et ce récit est servi par une écriture fameuse, une écriture gourmande et virile, vive et charnelle qui sait vous croquer une description en deux coups de plume.
» Avec son bout de lac en cravate de pierre, avec sa campagne tout aussitôt française, Genève lui fut un repoussoir; elle était trop politicienne, loin des forêts; la fumée y stagnait sous les plafond bas. «


Une centaine de pages foisonnantes d'images et de camaïeux qui donnent vie, par touches, à l'époque, la violence de ses révolutions politiques et artistiques autant qu'aux tableaux; une centaine de pages sur lesquelles on croise des extraits de documents authentiques – correspondances et rapports de police – et les chemins de poètes, Rimbaud, Baudelaire.

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