Ô Solitude - Catherine Millot

9782070134472 

- L'infini - Gallimard -

» L’impatience heureuse des commencements. L’horizon est un cercle parfait, la mer est déserte, vide comme la page blanche qui m’attend, comme les jours à venir, avec juste le soleil et la mer, et les îles. Et le soleil se lèvera sur la mer, se couchera sur la mer. Je pourrai sortir le matin sur le pont le regarder se lever jusqu’à ce que l’aube grise devienne la rose aurore, et ensuite me rendormir, tout enclose dans la beauté du jour naissant. Le bonheur se confond avec la mer et le soleil et l’écriture à venir, les longues matinées d’écriture, le temps rendu à sa liberté. « 

Il faut profiter d’un silence véritable pour ce livre. Carnet de voyage, récit de jeunesse et d’amours, c’est un regard et une méditation.

Délicat de s’immiscer dans ce texte pour le présenter, il faut accompagner l’auteur sur les chemins de sa réflexion et de sa mémoire. Au fil des années, des lieux, des lectures, l’auteur explore les solitudes, notre rapport à ses moments d’intériorité. Elle en interroge et examine les facettes – l’ombre, le sentiment de vide, l’absence, la douleur; sa lumière intime, créatrice, la liberté, la légèreté – , une forme de spiritualité.

Le voyage a pour guides des auteurs, des psychanalystes, des philosophes et des artistes; nous partons à la rencontre de Barthes, Lacan, Proust, Caspar Friedrich, Sôseki, Poe…; une navigation de contemplation et d’analyse dans le temps, la nature et dans l’art, sublimes descriptions des îles Eoliennes, souvenirs d’enfance itinérante, premières expériences fondatrices de jeune adulte au gré des pages lues.

Une écriture fluide pour une lecture à la fois profonde et élevée.

 » [ l'amour et l'art ] Ils appartiennent au même espace, à cette région de l’être qui s’ouvre parfois un jour pour quelqu’un, où les valeurs habituellement reçues n’ont plus cours, où règnent d’autres critères que l’utile, l’intérêt ou le souci de soi, voir même le bien… « 

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 » La nature dans sa vastitude renvoie l’homme à sa vie minuscule, au bord de l’inanité, à sa précaire existence prête à sa noyer dans l’infini. [...] cette sérénité comtemplative qui, parfois, culmine dans la joie de disparaître dans la vision de ces choses d’autant plus belles qu’elles se passent de nous, ne se soucient pas de nous, et dont la beauté est peut-être faite de ce pouvoir qu’elles ont de nous anéantir. « 

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- Un bel article détaillé ICI -

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