Le Jardin Voyageur – Peter Brown

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Comment un petit garçon fait reverdir le monde…avec un seul jardin.

- Editions NordSud -

Un coup de coeur que cet album, pour le trait, pour le ton.

Bien-sûr, il s’agit d’une fable écologique, une fable originale et urbaine, teintée de poésie, d’humour, d’optimisme, de fraîcheur et de verts tendres.

Elle décline le cycle des saisons et raconte bien joliment les aventures d’un petit jardinier :

Dans une ville triste et grise, sans un brin de verdure, vivait un petit garçon nommé Liam. Un jour, il fit une surprenante découverte : un ilôt de fleurs sauvages ! Hélas, elles avaient mauvaise mine, il fallait à tout prix les aider à pousser. Voilà comment Liam s’improvisa jardinier, sans se douter que son jardin aurait bientôt des envies de voyage.

Ce petit bout de nature a la particularité de survivre sur une voie de chemin de fer à l’abandon. Prospérant grace aux soins de l’enfant, elle s’évadera à travers la ville que Liam découvrira cheminant le long des rails devenu jardin, entraînant à sa suite la population lorsque la nature reprendra ses droits, exploratrice des coins et des recoins citadins, s’installant sur les toits, les escaliers, les bordures…Parce qu’il faudra apprendre à gérer cette nature prompte à s’imposer. Et vivre le meilleur de deux mondes en harmonie.

 » Les petites mousses tenaces et les grandes herbes folles étaient les plus intrépides; elles furent les premières à se mettre en route. Il en sortit de loin en loin le long des voies, bientôt suivies par les plantes moins téméraires « 

Sur un thème qui peut paraître classique, l’album est moderne, de contexte et d’illustrations. Sa conception est très intéressante, jouant les miroirs en première et dernière pages, offrant deux somptueuses doubles pages sans texte en son milieu, variant les formats et les cadres de l’image tout au long de l’histoire, graphisme urbain, délicatesse végétale, vignettes humoristiques. Les choix de couleurs de Peter Brown donnent le ton, un jeu de verts et de rouges, à la fois vifs et doux, sur le fond blanc, sur les gris et les ocres. Les portrait de l’enfant chantant devant les plantes pour les aider à pousser ou camouflé pour déposer une parcelle de verdure sur le trottoir, leur touche volontairement rétro, sont particulièrement réjouissants.

Peter Brown est new-yorkais. Il précise en épilogue que cet album est inspiré de l’histoire de la High Line de Manhattan, ancienne ligne de chemin de fer aérienne, désaffectée dans les années 80, devenu un jardin sauvage au dessus des rues.

«  Alors, intrigué, je me suis demandé : que se passerait-il si une ville entière se mettait à coopérer avec elle [ la nature ] ? Quelle serait sa métamorphose ? Comment cela commencerait-il ? « 

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