Janet Burroughs - P.Croci

Jb

- Emmanuel Proust Editions -

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Un carnet de voyage, un album de collection, présenté comme un journal, celui d'une lady participant à l'expédition d'un géographe en 1900.
Une lady dont la filiation interpelle le lecteur ... " Je suis là à la requête de mon oncle, mister Edgar Rice Burroughs. Demi-mensonge, à demi-pardonné, donc ! En vérité, mon oncle s'était fermement opposé à mon départ. Il rêvait, depuis longtemps, d'écrire une épopée sur l'Afrique. le moment venu, il tomba malade. J'insistai tant et si bien qu'il finit, malgré lui, par céder..."


Plus d'une centaine de pages au format généreux dévoilent des dessins naturalistes, un double portrait, celui de la jeune femme et celui de la terre d'Afrique. Alors que le texte est celui du récit de l'expédition relatée par Janet, délicieusement fin, d'un ton et d'un humour tout british, l'illustration raconte l'Afrique, les paysages, la faune, les populations, ce que Janet voit, ce qu'elle pourrait voir, ce qu'elle imagine aussi, les dessins la mettant parfois en scène au milieu des bêtes sauvages, frêle silhouette chapeautée.


Cet écart, qui n'est pas distance, entre les mots intimes et les images panoramiques, évoque à lui seul le contraste entre les deux mondes, la fascination de la rencontre. Fascination de la lecture aussi par ce décalage saisissant et pertinent. Pourtant dépouillées, les planches témoignent parfaitement de l'immensité, de l'inconnu, de la sensation de danger et de mystère, réelle ou fantasmée; comment savoir sur ce continent inexploré où la magie règne en maître ? le sentiment d'étrangeté est latent, prégnant. Puis la rupture. La femme blanche disparaît et c'est finalement aussi l'histoire de l'enfant blanc élevé dans la savane, sa légende déjà, même si elle n'est pas le sujet de cet album.


Cette BD mérite - nécessite - relecture, presque immédiate. L'illustration mêle plusieurs techniques, elle est imposante, quelque chose de solennel dans ce regard fasciné et respectueux. Je ne saurais en dire plus. On y reconnait le trait particulier de Pascal Crocidans les portraits, une beauté froide et majestueuse. Etonnement, la dimension humaine est omniprésente alors que l'album s'offre à la nature, aux pratiques magiques. Encore le décalage, ce sentiment d'étrangeté, ce stupéfiant dans tous les sens du terme.


Un album publié dans la collection Atmosphères. Comme une évidence.

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Commentaires (3)

1. Praline (site web) 22/01/2014

La couverture est très belle. Et le thème m'emballe ! Merci pour cette découverte.

2. Marilyne 22/01/2014

Je n'ai pas pu ajouter de visuels, mais tu verras, c'est impressionnant.

3. Choco (site web) 26/01/2014

Hum, je l'ai déjà vu quelque part celui-là ! :)

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