Les monstres de Mayuko – Marie Caillou

Marie caillou

- Dargaud -

Fascinant, cet album.

Un hiver au Japon. Mayuko s’amuse devant sa maison ; elle bombarde de boules de neige deux statuettes porte-bonheur, Kitsune et Tanuki. Le soir, la fillette se sent fiévreuse. Elle se réveille dans la nuit et découvre qu’elle n’est pas seule dans sa chambre : Kitsune le renard est là. Mayuko, fébrile, veut rejoindre sa maman, Kitsune propose de l’y aider. Ils quittent la pièce, mais Mayuko ne reconnaît pas les lieux : ce n’est pas sa maison ! Kistune s’empare alors de la fillette et l’entraîne dans ces étranges paysages peuplés de créatures fantastiques…
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Sur une référence implicite au classique  » Alice au pays des merveilles « , Marie Caillou nous entraîne à la suite de la jeune Mayuko dans l’univers des Yokaï, démons du folklore japonais.
Cet album est un conte, un conte-randonnée, un conte initiatique, saisissant par ce paradoxe particulier de sa modernité sur son sujet traditionnel.
Le ton des dialogues se veut résolument contemporain et enfantin. Pourtant, l’ouvrage ne s’adresse pas au jeune lectorat. L’atmosphère est plus qu’étrange, elle est angoissante; certains yokaï sont effrayants, la violence de certaines scènes est mise en images dévoilant des squelettes, des corps mutilés.
Le graphisme, d’aplats aux couleurs franches, réalisé par ordinateur, se prête à ravir ( c’est bien le cas de l’écrire) à cet univers onirique inquiétant. Beauté et malaise. Pas de noir, d’ombres, de sombre. Des courbes, des spirales, des fleurs étranges dans ce cauchemar, des contrastes forts et cependant une forme d’épure; rien de foisonnant dans le dessin, une nature stylisée et des teintes crues, froides. Beauté et malaise parfaitement rendus par cette remarquable maîtrise graphique qui offre des planches muettes et des planches ( deux fois double ) pleine page.
Un très bel album respectueux de la culture japonaise et de l’esprit du conte dont témoignerait à lui seul le dernier épisode de la cérémonie du thé. Et un très beau livre servi par son format généreux, son édition de qualité, le plaisir des pages épaisses.
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Mmayuko 198x300
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Mayuko 237x300
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Monstresm 229x300
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