Giant - Mikaël

Giant

- Dargaud - Juin 2017 -

.

Catégorie Bonne pioche !

Le choix de cette BD, ça a d’abord été le graphisme, puis le contexte. Et finalement l’excellent scénario. Comme l’écrit J.L.Tripp en préface « J’aime bien qu’on me raconte une bonne histoire. Et qu’on me la raconte bien. Et Mikaël sait faire cela. Bien. »

Mikaël est un auteur-dessinateur franco-canadien talentueux. Pour Giant, il s’est plongé dans New-York de 1932, l’Amérique de la Grande Dépression, la construction du Rockefeller Center. Voilà pour le contexte.

Il s’agit pour cet album du premier tome d’un diptyque. Le second tome est annoncé par Mikaël pour janvier 2018.

C’est sur ce contexte historique qui s’approfondit au fil des pages que se déploie le récit, l’histoire d’un homme, celui qui est surnommé Giant, ouvrier taiseux sur le chantier de « cette ville dans la ville ». J’ai réellement apprécié d’être pleinement embarquée par cette lecture sans frustration de tome 1 tant la BD donne déjà beaucoup à voir. A la dernière page, tout est parfaitement en place pour la suite, tous les ressorts ont été remontés peu à peu. Il serait regrettable d’aller lire un résumé qui gâcherait la découverte, ce brio narratif qui permet au lecteur de conjointement avancer dans l’histoire et de profiter du développement du contexte par le dessin, par le récit – chômage, immigration irlandaise et italienne, mafia, milieu ouvrier de construction de ces grands building avec l’Union des travailleurs du métal, puis la guerre civile irlandaise -. C’est la voix d’un commentateur radio qui nous accueille à New-York à la première page, puis nous suivons les pas des personnages, ces équilibristes sur poutres métalliques du rêve américain; à chacun leur trogne, leur personnalité. La démesure et l’intime dans cette BD.

Le graphisme est une merveille alliant le réalisme à un dessin d’atmosphère. Sur les planches, sur les couleurs feutrées, tout en dégradé, rappelant le sépia, se racontent le quotidien d’époque, les hommes, la ville. La précision du trait est remarquable, tant pour les détails des splendides vignettes de rues et d’architecture que pour l’expressif des visages, des postures. On croirait regarder des photographies d’époque. La qualité du dessin m'a paru particulièrement mise en valeur par la dynamique du découpage qui ne cesse d’alterner les plans, les perspectives, les angles de vue.

Giant2

.

Giant1

.

Une réussite. Quand le second tome sera publié, bien possible que ce soit Catégorie Coup de Cœur.

Pour le plaisir des yeux, en fin d’album, quelques pages de cahier graphique, croquis et portraits des personnages. Qui confirment.

*

Commentaires (4)

1. Anne (site web) 15/09/2017

Un billet très tentant pour un sujet qui m'intéresse beaucoup (le roman Ciel d'acier traîne dans mes piles...)

2. Marilyne 16/09/2017

@ Anne : et le sujet est développé avec brio, par touches. Celle-ci, c'est de l'ordre du compulsif ;-)

3. kathel (site web) 16/09/2017

J'ajoute à ma liste de BD, le graphisme et le sujet me plaisent.

4. Marilyne 16/09/2017

@ Kathel : ravie. Ce qui caractérise cette BD, c'est vraiment la finesse, du trait, de la narration.

Ajouter un commentaire