La frontière du loup - Sarah Hall

Loup

- Livre de Poche novembre 2017 - 

- Traduit de l'anglais par Eric Chédaille -

Rachel Caine, meilleur expert britannique des loups, travaille dans une réserve indienne de l'Idaho. Lorsqu’un propriétaire terrien lui demande de l'aider à réintroduire le loup gris dans son domaine, elle accepte de rentrer en Écosse. Pour Rachel, c’est plus qu’un défi à relever et un changement professionnel  : elle va aussi devoir se réconcilier avec sa famille désunie.
Sur fond de tumulte politique – indépendance de l’Écosse, luttes de pouvoir –, La Frontière du loup interroge la nature fondamentale de l’homme et de l’animal, explore les concepts d’écologie et de progrès, nous parle des préoccupations les plus obsédantes de l’humanité.

.

Ce roman vient de paraître en format poche. Il était précédemment publié aux éditions Christian Bourgeois éditeur, parution de 2016. C'est dans cette édition que je l'ai lu. Et il m'a offert un excellent moment de lecture. Romanesque sans facilité ni caricature, le lecteur s'installe pour plus de 500 pages. Pendant un peu plus de deux années, il accompagne Rachel Caine, zoologiste spécialisée, la quarantaine, qui vient de passer dix ans de sa vie dans une réserve de l'Idaho. 

Cette histoire, bien menée, relève à la fois d'un récit de nature - les descriptions y sont superbement évocatrices -, et du récit social et politique par, notamment, le personnage/la personnalité du Comte, riche aristocrate puissant et influent - " un environnementalisme, un maître tacticien et un enfant gâté " - à l'origine du projet de la réintroduction du loup exterminé dans sa région proche de la frontière écossaise. Projet écologique, projet politique.

Ce qui se lit aussi sur ces pages, c'est un portrait de femme, d'une femme issue d'une famille dysfonctionnelle, qui est partie - émancipation ou fuite ? -, qui revient et doit fait face aux questions de filiations, à celle des hasards de la naissance et de l'éducation. Un roman social au sens large, sur la relation aux autres, sur la relation à notre environnement, sur les préjugés, comme ceux sur le loup, le prédateur, celui des traditions et des contes. Ce qui se lit dans ce roman, c'est la grande question de la liberté et de l'affranchissement; de l'amour également.

Pas de temps mort au fil des parties sans chapitres, des personnages bien campés, une narration maîtrisée qui sait alterner l'intime au panoramique, qui interroge sans imposer de réponses, font de La frontière du loup ce qu'on appelle un bon roman.

.

Ce n'est pas souvent qu'elle rêve d'eux. Dans la journée, ils se montrent insaisissables, se cantonnant dans les hautes herbes de la réserve, disparaissant du périmètre de la tanière. Prestes ou paresseux, ils traversent leur paysage mordoré et s'en vont dormir sous des arbres tombés, indétectables dans les deux cas. Leurs éclipses se sont perfectionnées. Ils s'en reviennent nuitamment. Les caméras les filment, yeux rouges, museau obscur, retour d'une chasse. Ou bien elle les entend hurler, longue harmonique, le long de la zone tampon. L'un d'eux en tête, puis d'autres en nombre. La nuit, nul besoin d'imaginer, nul besoin de rêver. Ils règnent hors de l'esprit. La neige recouvre maintenant Chief Joseph, un automne précoce. Les sapins ploient patiemment, les cours d'eau voient blanc. "

.

Frontiere loup

*

 

Commentaires (5)

1. Kathel (site web) 14/11/2017

Je n'avais pas repéré ce roman en grand format... il semble avoir tout pour me plaire.

2. Aifelle (site web) 15/11/2017

J'ai lu des avis assez contrastés sur ce roman ; il me tente malgré tout et je verrai à la bibliothèque, quand j'aurai un creux ;-)

3. Marilyne 15/11/2017

@ Kathel : je ne suis pas étonnée, je l'ai peu vu, je l'avais noté dans les programmes de parution. En revanche, j'ai l'impression qu'il a plus de visibilité en poche, je ne cesse de le voir sur les tables de librairies.

@ Aifelle : il y a toujours un petit creux ... ^-^ ( je n'ai vu aucun avis à sa parution, j'auraiS aimé en croiser )

4. Brize (site web) 16/11/2017

Des avis m’en avaient éloignée à sa parution, le tien (qui compte ! ) m’en rapproche ...

5. Marilyne 16/11/2017

@ Brize : décidément, je n'avais rien vu à parution, tant mieux ;). Si tu tentes, j'espère que tu ne seras pas déçue... ( même si je suis très curieuse de ton retour de lecture :))

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau