La neige noire - Paul Lynch

Neige noire

- Albin Michel 2015 - Livre de poche 2017 -

- Traduit de l'anglais ( Irlande ) par Marina Boraso -

La Neige noire raconte le retour d’un émigré irlandais au pays. En 1945, après des années passées à New York, Barnabas Kane retrouve le comté du Donegal. Il y achète une ferme et s’y installe avec sa femme et son fils. Mais l'incendie, accidentel ou criminel, qui ravage son étable met un frein à ce nouveau départ. Confronté à l'hostilité d'une communauté haineuse, confiné sur cette terre ingrate où l'inflexibilité des hommes le dispute à celle de la nature, Barnabas va devoir choisir à quel monde il appartient.

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Ce second roman de l'auteur irlandais Paul Lynch est paru ce mois de novembre en poche. Si j'ai laissé passer le grand format lors de sa parution, je n'ai pas pu patienter pour cette édition ayant un souvenir fort de son excellent premier roman Un ciel rouge le matin.

J'ai retrouvé dans La neige noire toutes les qualités du premier titre, la richesse et la maîtrise narrative, un véritable sens du récit qui ne néglige pas la puissance évocatrice des descriptions, les paysages, les portraits.

Ce second roman est un roman noir, il est rude et rugueux, entre tensions et espoir jusqu'au bout en éclaircies sous ce ciel changeant, imprévisible; ce ciel d'hiver puis de printemps. Il est lourd de la violence des éléments et non-dits, des peurs et des rancoeurs. Bien qu'il ne s'agisse pas vraiment d'un roman choral ( malgré les pages d'un journal intercalées ), il m'a fait songer à Un pied au Paradis, ma première lecture de l'écrivain américain Ron Rash.

Ce roman, c'est une histoire d'immigration irlandaise. Barnabas, natif orphelin parti très jeune aux Etats-Unis où il était l'un de ces riveteurs équilibristes sur les chantiers des gratte-ciel, est revenu avec son épouse d'origine irlandaise et son tout jeune fils il y a une dizaine d'années. Il s'est installé sur cette terre qu'il croit être la sienne, dont il pense qu'elle revient à son fils qu'il souhaite voir grandir dans son pays. Cet incendie qui les ruine fait basculer tout l'équilibre du projet, de la famille aussi. Pour les autres, au fond, Barbabas n'est qu'un " faux-pays ".

Il se rend compte à quel point ces lieux lui ont paru étrangers, quand elle est arrivée ici, elle ne pouvait pas s'y sentir chez elle. Elle a résisté à l'aversion qu'ils lui inspiraient, tandis qu'il a refusé d'admettre que la vaste et mythique contrée que lui présentait son imagination n'était rien d'autre qu'une chimère, que ce pays était froid, misérable, sauvage, et qu'il ne se souciait nullement d'eux."

Ce roman, c'est autant Barnabas que son épouse Eskra, que leur fils adolescent. Il y a l'amertume, l'orgueil, les rêves, l'âme des hommes et d'une région où résonne au lointain la rumeur de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Chacun d'eux vous (r)attrappe. 

" Les journaux nous disent que la planète est en pleine transformation, mais par ici c'est comme si ça n'existait pas. "

Je ne peux que vous conseiller de découvrir la plume de Paul Lynch.

Elle tire sur sa pipe qui s'est encore éteinte, frotte une allumette et fléchit le cou pour la rallumer. S'il y a une chose que j'ai apprise, à force de vivre sur cette terre, c'est que les gens ne peuvent pas s'empêcher d'inventer des histoires. C'est dans notre nature de bâtir des hypothèses. Nos rêves nous racontent des choses qui nous semblent pleines de sens. Nous prenons nos propres vies pour des histoires écrites dans un livre, avec un début et une fin. Et nous nous persuadons que ce qui arrive fait partie de l'intrigue. [...] Les gens ne savent jamais pourquoi les événements se produisent, et pourtant ils font comme si. "

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Commentaires (2)

1. Anne (site web) 30/11/2017

Je n'ai pas encore craqué (je t'expliquerai pourquoi) mais ça ne tardera pas ;-)

2. Marilyne 30/11/2017

@ Anne : moui, va falloir m'expliquer ça :-D

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