Le Caravage - Milo Manara

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- Glénat BD - 2015 -

- Traduction de l'italien et lettrage par Aurore Schmid - Couleurs Simona & MIlo Manara -

Quand un dessinateur italien s'empare de la vie romanesque d'un maître de la peinture italienne. 

Ce diptyque est un bel hommage. Milo Manara, connu pour ses BD érotiques, signe deux albums dans lesquels il donne corps et vie à Michelangelo Merisi da Caravaggio dit le Caravage ( 1571 - 1610 ).

Son trait s'y prête à merveille, sensuel, élégant, fin et précis.

Il nous raconte une histoire cruelle dans ce premier tome intitulé La palette et l'épée, celle de Rome à la fin du XVIème siècle, les ateliers, la réalité sociale, sa violence, mêlant les hommes et les femmes de toutes les classes, les artistes, les prostituées, les religieux, les brigands. Milo Manara s'attarde sur la ville, les paysages urbains sont fouillés, ainsi que sur les scènes de peinture, les poses, les compositions. Aucune négligence dans la reconstitution historique. Comme Le Caravage en quête de lumière et d'une vérité, d'une humanité, sur ses toiles, le dessinateur nous montre le sombre, le miséreux et la beauté. C'est la période romaine, entre 1592 et 1606, entre peinture religieuse pour le cardinal Del Monte et l'impétuosité bagarreuse; entre tavernes, prison, palais, en clair-obscur, en contrastes, en reliefs. 

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Depuis trois ans, j'attendais impatiemment le second tome de ce diptyque. Il est enfin paru, s'intitulant La Grâce.

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Ce second volume, c'est la fin de la biographie, les dernières années, la fuite éperdue, Naples, Malte, avec l'ultime espoir de la grâce du Pape au coeur. Le Caravage a dû quitter Rome où il a tué un homme, il est condamné à mort. Il ne peut retourner dans la cité romaine. A Naples, sa renommée l'a précédé. Son talent peut lui apporter cette grâce qui l'obsède, alors qu'il lutte encore contre son tempérament de passions ( dans tous les sens du terme ) et les jalousies. La fatalité le poursuit, la narration rend parfaitement les tourments de l'homme en paradoxe avec la gloire du peintre recherché par les religieux pour son art ( ce sera le retable de quatre mètres Les Oeuvres de Miséricordes à Naples ). Ce paradoxe est souligné par les couleurs claires plus présentes que dans le précédent volume avec les voyages, les paysages, alors que l'homme se débat dans ses ténèbres funestes. 

C'est bien la quête de la lumière et de la grâce, mais, pour la grâce, pas seulement celle du Pape.

Ce second tome tient les promesses du premier. Les vues de Naples, les dessins des bateaux, les scènes dans le campement de saltimbanques où Le Caravage peint Le souper d'Emmaüs, sont superbes; les dernières planches sont d'une belle sobriété aux tons de l'illustration de couverture. 

Un diptyque splendide.

En fin d'albums, un glossaire permet de contextualiser certaines paroles ou scènes ou oeuvres si nécessaire.

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- Double actualité : l'exposition Caravage à Rome, amis & ennemis au musée parisien Jacquemart André jusqu'au 28 janvier 2019  ( site ICI ) et une exposition consacrée à Milo Manara, une rétrospective, au Festival Internationale de la BD d'Angoulême en janvier 2019.

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Commentaires (14)

1. Itzamna (site web) 11/12/2018

Très séduisant ce diptyque !!! Merci du conseil.

2. Kathel (site web) 12/12/2018

Je découvre cette BD... au Musée Jacquemart André, je suis passée en vitesse au coin librairie d'ailleurs bondé, et ne l'ai pas vue. Je note pour la bibliothèque !

3. Dominique (site web) 12/12/2018

Des BD comme je les aime, je n'ai pas encore expérimenté les vies de peintres mais je vais voir si la bibli les a acheté

4. Marilyne 12/12/2018

@ Itzama : un grand voyage, de très belle qualité.

@ Kathel : le second tome était très attendu, je l'ai croisé dans toutes les librairies :). J'imagine bien la foule au musée... ( nous irons en janvier, je crois que ce sera pareil )

@ Dominique : le second tome est paru fin novembre, il y a aura sûrement un petit délai avant l'achat ( et je crois qu'il va te falloir réserver )

5. Jerome (site web) 12/12/2018

Toujours autant fasciné par le trait de Manara, même si je le préfère en noir et blanc.

6. niki (site web) 12/12/2018

les dessins de manara sont de toute beauté, comme toujours

7. Marilyne 12/12/2018

@ Jerome : j'ai regretté qu'il n'y ait pas un cahier graphique en fin d'album.

@ Niki : oui, dans ces BD, tout y est, les paysages, les atmosphères, les personnages, les toiles. Une réussite !

8. Annie (site web) 14/12/2018

Les dessins semblent très beaux. Mais comme je te l'ai déjà dit, je ne suis pas du tout une lectrice de BD. C'est simple : je ne sais pas les lire.

9. maggie (site web) 15/12/2018

Une bonne intro au Caravage non ?

10. eimelle (site web) 16/12/2018

j'avais lu et aimé le premier il faut que je trouve le2!

11. Marilyne 17/12/2018

@ Annie : oui, je me souviens. Heureusement, nous nous retrouvons pour d'autres lectures.

@ Maggie : je pense, oui, c'est un beau voyage.

@ Eimelle : je comprends ça ! :-D

12. Alys (site web) 25/12/2018

Merci pour cette chronique. Je vais essayer de les lire. Je voulais aussi aller à l'expo car j'ai fait une petite traduction pour elle mais le temps passe...

13. dasola (site web) 25/12/2018

Bonjour Marilyne, je note, je note. Je me faire offrir ce dyptique. Les dessins sont beaux et la vie du Caravage, c'est quelque chose. Très bon Noël.

14. Marilyne 28/12/2018

@ Alys : oh, ben oui, il faudrait que tu vois cette expo. Pour Caravage, nous avons prévu d'y aller en janvier, juste avant la fin :-p ( pour Manara, nous aurions aimé mais un peu compliqué d'aller à Angoulême en janvier ).

@ Dasola : bonjour Dasola, excellente idée de cadeau ce dyptique. Bonnes fêtes de fin d'année à toi.

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