Ainsi mentent les hommes - K.Kressmann Taylor

 K taylor

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- Traduit de l'anglais ( américain ) par Laurent Bury -

- Précédemment publié aux éditions Autrement, collection Littératures -

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Les quatre nouvelles de ce recueil racontent la fin de l’enfance, de ce temps de la confiance; une confrontation aux adultes, à leur violence intime et sociale, ressenti et compréhension marquants dans tous les sens du terme.

Quatre nouvelles aux titres éloquents – Humiliation, Remords, Mélancolie, Solitude – sentiments qui déchirent les jeunes protagonistes de ces textes et les précipitent dans le monde cloisonné des adultes. Ces nouvelles datent des années 50, trois ont été publiées en revues, l’une est inédite, toutes sont d’une force évocatrice bouleversante, d'une tension palpable, prégnante.

Il est difficile de les présenter tant j’ai perçu-reçu ce malaise, cette blessure, là, ces mensonges implicites des codes sociaux. C’est la relation au père dominateur pour laquelle il faut sacrifier la mère, c’est la lâcheté face à un enseignant pervers ou aux certitudes, la déception, l’angoisse d’assumer ses premières émotions profondes, son amour et ses colères; ce sont ces moments où se perdent les croyances pures, où l’on se découvre traître et trahi. Une confusion et une brûlure obscure qui renvoient vers la nature, vers la source d’un silence consolateur, d'intuitions et de sensations qui ramènent à la vie. Les pages descriptives, en résonance intérieure, de cette autre relation au monde, sont aussi impressionnantes que de toute beauté.

Des nouvelles cruelles d’une extrême sensibilité, d’une fulgurante intensité.

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« Mais il était maintenant atteint par l’humanité ; il était pris dans le monde de la culpabilité.

Il restait recroquevillé, le menton sur les genoux, plein d’une douleur lugubre, et regardait le soleil se coucher sans son aide. La boule rouge diminuait, pâlissait derrière la ligne noire des collines. Le couchant lançait des flammes rouges dans le ciel vert comme un glacier. Il resta assis là jusqu’à ce que la lumière ait disparu. Il avait froid, il avait mal aux yeux. Aux dernières lueurs, il vit la grande porte se refermer irrévocablement sur le monde perdu de la nature et de sa bénédiction. »

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- De la Pile à Lire 2014 avec Antigone -

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Commentaires (11)

1. Tania (site web) 27/03/2014

Je l'avais lu dans la foulée de "Inconnu à cette adresse" et c'est bizarre, j'ai tout oublié du sujet, mais gardé le souvenir d'une belle écriture quoique un peu distante.

2. Marilyne 27/03/2014

Une écriture fine et forte, et c'est vrai une distance, je dirai plutôt une froideur qui, paradoxalement, enfin c'est un ressenti personnel, me semble ajouter aux émotions à la lecture. ( pour ma part, dans la foulée, j'ai emporté " Jour sans retour ", pas encore lu )

3. Anne (site web) 27/03/2014

Mais c'est que tu donnes très envie, je suis touchée par l'extrait. Ce n'est qu'un petit livre de poche... (ça pèse moins dans la PAL)

4. Marilyne 27/03/2014

( limite, ça ne compte pas ^^ ). Une très belle lecture, d'une justesse douloureuse. Et cette écriture !

5. clara (site web) 28/03/2014

Il faut que je le sorte de ma PAL !

6. Marilyne 28/03/2014

Je vote pour ! ( le mien n'a pas attendu plus de deux ans ;-) )

7. antigone (site web) 30/03/2014

Une bonne idée de lecture... ;) Ton billet est bien pris en compte, merci !!

8. Manu (site web) 01/04/2014

Le sujet pourrait me tenter !

9. Marilyne 02/04/2014

@ Antigone : qui en appelle d'autres... ;)
@ Manu : oui, je pense que ce recueil pourrait te plaire !

10. Mina (site web) 21/04/2014

J'avais apprécié et admiré Inconnu à cette adresse d'un point de vue formel (enfin un texte épistolaire capable d'égaler le meilleur à mes yeux). Je tenterais bien ces nouvelles, surtout après ta conclusion.

11. Marilyne 22/04/2014

Je suis certaine que ce recueil te conviendrait.

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