Chaman – Galsan Tschinag

 41u

- Editions Métailié -

- Traduit de l’allemand par Isabelle Liber -

Après de nombreuses années passées à sillonner le monde, Galsan Tschinag revient vers son peuple, les Touvas, des nomades du Haut-Altaï au nord de la Mongolie, pour y passer le soir de sa vie. Mais la situation est délicate, ses deux disciples chamans, ainsi que son peuple, ne sont pas d’accord sur le chemin à prendre pour affronter l’avenir. La vie nomade traditionnelle et le XXIe siècle se dressent face à face comme eux géants inconciliables. Pour apaiser les esprits, une caravane est envoyée au Lac Jaune où une colline sacrée doit être consacrée.

J’avais lu avec le plaisir de la découverte Ciel Bleu de Galsan Tschinag, récit d’enfance nomade en Mongolie. J’ai l’impression d’avoir lu à présent le premier et le dernier. Chaman est le récit du retour aux racines, à la terre d’origine, aux traditions et aux croyances ancestrales, un retour perçu et reçu comme une mission, celle de se consacrer à cette terre   » dont aucune carte géographique ne rend compte « , à ce peuple Touva, minorité reléguée  » au rang d’étrangers dans un pays qu’ils appellent leur patrie « , de l’unifier tout en faisant évoluer ses coutumes face au monde moderne ainsi qu’aux influences des pays frontaliers, de leur politique ( Chine, Russie )

Comme dans Ciel Bleu, Galsan Tschinag écrit un chant, un chant d’amour, celui de la terre Touva, de l’Altaï, entre visions et souvenirs. Il écrit un livre de mémoire, évoquant sa famille, son parcours, son histoire, ce que porte et ( lui ) impose son nom et ses engagements en Mongolie, ses relations difficiles avec l’Etat mongol, les pratiques et le pouvoir chamaniques au sein de la communauté, l’univers des songes et des esprits, son cheminement et son rôle de maître chaman. Par sa voix, nous partons avec lui à la reconquête de cette terre, à la rencontre de son clan, assistons aux rituels, à l’enseignement, aux fêtes, écoutons ses doutes et ses réponses puis nous attardons sur ces mots qui célèbrent autant la beauté des panoramas de montagnes et de steppes que les joies humaines.

Un beau voyage, une belle lecture.

 » De sa voix encore jeune et bien timbrée, Serwej invoque tous les êtres de l’univers et leur rend grâce et hommage dans des prières en vers qui franchissent l’oreille, pénètrent les paysages intérieurs et viennent toucher l’âme, leur fragile berceau de lumière, mais s’élèvent aussi autour de nous et résonnent – comme les multitudes de gouttes projetées illuminent le jour, mais se fondent aussi en lui. «

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- Le billet d'Aifelle -

- Après le récit d'enfance Ciel Bleu et celui-ci du retour, m'attend Le monde gris relatant la scolarisation en Chine communiste loin de la yourte de son pays touva de ce garçon qui rêvait de devenir chaman -

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 Quelques repères biographiques à propos de Galsan Tschinag :

La présentation éditeur :   » Galsan Tschinag est né au début des années 40 du siècle dernier dans une famille de nomades en Mongolie occidentale. Plus jeune fils de la famille, il est devenu chef de clan des Touvas de langue turkmène, une minorité ethnique de Mongolie. Dans les années 60 il a fait des études supérieures à Leipzig et commencé à écrire en allemand des romans, des récits, des poèmes. Depuis 1991, il vit de sa plume, le plus souvent à Oulan-Bator, mais passe aussi plusieurs mois avec son clan dans les montagnes de l’Altaï ou en voyages. «

En 1985, il conduit une grande caravane ramenant son peuple dans le Haut-Altaï afin qu’il puisse reprendre une vie nomade traditionnelle. Auteur plusieurs fois primé, Galsan Tschinag a écrit une trentaine d’ouvrages dont les récits se situent en Mongolie. Tous ne sont pas traduits en français. Il consacre son énergie ainsi qu’une partie de ses ressources à ses projets et son engagement pour le Haut-Altaï ( comme en témoigne son site ICI – en allemand. Sans être germaniste, il est possible de profiter des images )

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Commentaires (8)

1. niki (site web) 23/01/2014

le chamanisme, version grangé, je viens d'en prendre - mais j'aimerais lire quelque chose de plus intéressant sur le sujet, comme ton livre par exemple ;)

2. Aifelle (site web) 23/01/2014

Un bon souvenir de lecture pour moi. J'ai "ciel bleu" dans ma PAL http://legoutdeslivres.canalblog.com/archives/2012/03/30/23887251.html

3. Marilyne 23/01/2014

@ Niki : ce livre, autobiographique, ne décrit pas plus que ça les rites chamaniques, c'est plus proche d'une certaine conception du monde et de la volonté de préserver une culture. Plus informatif ( et quel voyage ) qu'un roman de Grangé, c'est certain.
@ Aifelle : Ah, je ne doute pas un instant que " Ciel Bleu " sera aussi une belle lecture pour toi. ( merci pour le lien. Figure-toi que je viens de glisser le marque-page entre les pages d'un roman se déroulant également en Mongolie, du noir que tu recommandes ^^ )

4. Anne (site web) 23/01/2014

C'est marrant, j'allais écrire (enfin je l'écris réellement) : avec "Yeruldegger" dont nous a parlé Aifelle (et que j'ai trouvé chez le bouquiniste) et ton billet, on peut se faire une balade en Mongolie cette fois !

5. Marilyne 24/01/2014

@ Anne : et bien justement, " Yeruldegger ", je ne peux pas le lâcher !

6. Choco (site web) 26/01/2014

soupir... Un jour, je me ferais tous les Galsan ! Les lus et les pas lus ! Punaise, tu me donnes envie d'une semaine mongole ! Et puis, ce Yeruldegger sur lequel je louche depuis sa sortie ! Rhaaa ! ^^

7. Ingannmic (site web) 17/11/2017

A mon tour de venir chez toi... et du coup, je note aussi ce titre, qui me permettra de retrouver ces attachants touvas !

Bonne soirée.

8. Marilyne 17/11/2017

@ Ingannmic : merci de ton commentaire. Tu peux noter aussi " Ciel bleu ", ce récit d'enfance est lumineux.

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