La mort, l'amour et les vagues - Yasushi Inoue

 Inoue

- Editions P.Picquier -

Trois couples se croisent. Trois couples se cherchent, s’avouent, se dérobent ou se quittent. Et la vie, petit à petit, les reprend. Faux-semblant des sentiments, illusions perdues ou frustrations inavouées, trois courts récits regroupés autour du même lieu commun : l’amour, ou plutôt la comédie de l’amour.

- Traduit du japonais par Aude Fieschi -

Ce recueil présente trois nouvelles de Yasushi Inoue datant des années 50. Il vaut particulièrement par la première, la plus longue, qui donne son titre à ce livre, titre parfait.

Dans ce Japon d’après-guerre, sous la distance féroce de la plume de Yasushi Inoue, des couples tentent de survivre, de faire face aux ombres de leurs existences.

Cette première nouvelle est prenante par son atmosphère. Dans un hôtel retiré en bord de mer, installé sur une falaise, un homme vient vivre ses derniers jours. Il a fait le choix du suicide. Sa retraite sera perturbée par l’unique autre personne résidant dans l’hôtel, une jeune femme arrivée là pour le même motif bien que les raisons en soient différentes.

Suspendus au dessus du fracas des vagues. Les descriptions des variations de couleurs et de rythmes de la mer accompagnant les personnages sur ces jours ultimes sont saisissantes.

Les deux nouvelles suivantes, Le jardin de pierre et Anniversaire de mariage sont extrêmement inscrites dans le contexte japonais, son esthétique et les mentalités, les codes du mariage.

Une finesse froide, la puissance de la concision et de la sobriété japonaises, et pourtant ces images qui troublent et affectent, une émotion sous cette désespérance, l’émotion de cette désespérance, la dérision et le dérisoire. Le jeu de l’équilibre au dessus du gouffre et des récifs que sont la société et nos sentiments profonds.

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 » Pour sa part il mourrait s’il en avait envie, car il n’attendait plus rien de la vie. Et il ne craignait plus rien non plus.[...] Sur la longue plage recouverte de petits galets, pas âme qui vive, et pas le moindre bateau sur la baie étincelante. Et puis Sugi pouvait admirer l’indigo de la mer si profonde qu’on n’en pouvait deviner le fond et de laquelle il ne se relèverait pas, lorsqu’il la prendrait dans ses bras une dernière fois. « 

«  Réchauffer de sa propre chaleur un corps irremplaçable et attendrissant, qu’était-ce sinon de l’amour ? « 

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Commentaires (1)

1. Martine (site web) 07/02/2014

Tu as raison de persister.... et de signer !

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