Les contes merveilleux - Hermann Hesse

 

Conteshesse

- Babel -

- Traduit de l'allemand par Jeanne-Marie Gaillard-Paquet -

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Une quinzaine de contes de Hermann Hesse ( 1877-1962 - Prix Nobel de littérature en 1946 ) sont présentés dans ce recueil à la façon d'une anthologie. Ils datent majoritairement des années 1910 à 1930, le dernier date de 1953. Car Hermann Hesse écrivit régulièrement des contes en parallèle de son oeuvre romanesque.

Ces récits ne sont pas traditionnels du genre du conte au sens strict, le lecteur n'y retrouvera pas les personnages types tels les sorcières, magiciens, créatures maléfiques mais il reconnaitra les paysages, château, village et vallées, montagnes, jardins ainsi que l'univers des songes, celui des apparitions. Ce ne sont pas des textes inspirés du folklore allemand, de légendes ou mythologies germaniques. Dans ces récits, la magie vient du sur-naturel, le monde vu-perçu autrement, de cette part d'enfance, de rêve et d'inconscient, le tréfonds, qui donne leur résonance et leur sens aux contes, comme le souligne Myriam Mallié dans son ouvrage Conter.

Hermann Hesse raconte l'âme humaine, ses sentiments profonds. Certains des textes se déroulent dans des contextes réalistes, contemporains à l'auteur, d'autres relèvent de la fable - non dénuée d'une touche d'humour - , certains de la parabole. En variété de tons, de longueur, tous racontent et célèbrent l'enfance enfouie dans l'adulte, les premières sensations et émotions fondatrices à préserver; tous relatent un voyage initiatique. Il ne s'agit pas de nostalgie d'enfance, de la perte d'un éden, mais bien de " fondations ", de vérité et d'harmonie de l'être et des êtres, précieuses pour avancer, pour s'épanouir, pour (s')accomplir.

Hermann Hesse conte la nature humaine encore en quête de sagesse et de paix ( certains textes dénoncent vigoureusement sa folie guerrière, la destruction, ses instincts de conquête, de pouvoir ), son incapacité à la simplicité originelle, à l'émerveillement. Le merveilleux de ces contes, ce sont la pureté de ses sentiments rejoints, une foi en l'homme et l'éternité. Sans propos moralisateur ou religieux, sans excès de lyrisme, sans occulter la douleur, la cruauté, la mort, il se dégage de ces récits une spiritualité, une joie et un amour, un regard attentif, émerveillé sur la nature, celle du monde, ses petits miracles saisonniers, " l'essence de la vie ". Les beautés de la nature servies par la beauté et la richesse de cette plume. Des fleurs dans presque chacun des textes. 

Ce récit à la façon conte des origines intitulé Faldum ( 1915 ) relatant la naissance, le destin, la mort d'une montagne, sa relation aux hommes, est littéralement fabuleuse.

Bonheur de lecture.

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" Les roses s'étaient éparpillées sur le sol, l'une d'elles se noya dans le sang de l'infortuné rimeur. L'heure sonna au clocher du village, le ciel se couvrit de nuages blanchâtres vers lesquels l'énorme tour du château se dressait comme un géant que la mort aurait surpris debout. Le Rhin faisait entendre la douce mélodie de son courant alangui et, à l'intérieur du parc sombre, l'oiseau solitaire chanta encore jusqu'après minuit. " - Jeu d'ombres ( 1906 ) -

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- Pour l'Heure du Conte, littérature allemande avec Mina qui vous présente des contes d'Hoffmann-

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Commentaires (5)

1. niki (site web) 23/12/2014

hop ! encore un sur ma liste ;)

2. Mina (site web) 23/12/2014

Très belle synthèse de ce recueil sans trop en dire : le feuilletage restera nécessaire pour moi avant de le noter, pour en savoir un peu plus ; tu donnes envie. Je retrouve quelques éléments d'Hoffmann dans ces contes d'Hesse, bien qu'exprimés différemment, comme cette enfance enfouie dans l'âge adulte, l'humour et cette forme de merveilleux.

ps : je ne sais pas si tu y es pour quelque chose, mais le code de vérification est charmant aujourd'hui, de quoi faire sourire en le recopiant (Happy Holidays)

3. Marilyne 23/12/2014

@ Niki : les contes, ça ne compte pas ;)

@ Mina : merci. Une telle variété ne permettait pas de " raconter " ^-^. Heureuse d'avoir eu le temps de les lire doucement, de profiter du trésor de l'écriture.
( je n'y suis pour rien, sympathique formule d'accueil :))

4. keisha 25/12/2014

J'ignorais que Hesse avait écrit descontes! Je me suis promis de revenir à cet auteur.
Joyeux noel à toi!

5. Marilyne 27/12/2014

Je t'avoue que je l'ai découvert en préparant cette thématique et j'en fus ravie ! Belle fin d'année à toi.

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