Le Péché - Zakhar Prilepine

P

- Editions des Syrtes -

- Traduit du russe par Joëlle Dublanchet -

Ce titre m’a été judicieusement conseillé pour découvrir la plume et l’univers littéraire de Zakhar Prilepine. Ce roman ressemble à un recueil de nouvelles. D’inspiration autobiographique, il relate, sans chronologie, des épisodes-souvenirs, une vie russe contemporaine.

De l’enfance à l’armée en Tchétchénie, de l’adolescence aux expériences professionnelles, une vie d’homme, amoureux, père.

Je m’attendais à une lecture dure, difficile. Si les pages sont parfois rudes, féroces, j’y ai pourtant lu une tendresse virile, un humour, certes ironique mais plus étonné que cynique, émerveillé parfois, porté par un profond élan vital, par un tout aussi profond attachement à cette Russie, à sa culture. J’y ai lu la nuit, Moscou, la campagne russe, la famille, une société en pleine transformation, l’alcool, le rapport à l’argent, au pouvoir, une fraternité et une fidélité.

J’y ai lu également une lumineuse nostalgie, une poésie, si loin de l’image du provocateur rencontré au Salon du livre de Paris l’année passée. J’y ai lu une plume limpide qui sait rester sobre sous la force des émotions, des mots qui donnent présences et paroles à tous les personnages. La « nouvelle » éponyme est juste splendide. Dans le chapitre explicitement intitulé  » En d’autres termes… « , j’ai lu un poète. Ce chapitre est un recueil de poèmes.

Il y a une ardeur dans ces récits de la violence des jours et des sentiments, toutes les couleurs et les saveurs de la vie, du plus clair au plus sombre, du plus doux au plus amer. Le goût de la vie.

«  … tout était faible et inclinait à la mort, tout était plein d’âme, de chaleur et d’une insupportable tendresse, incompatible avec l’existence. «

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