Jardins en temps de guerre - Teodor Céric

Jardinteodor

- Actes Sud 2014 -

- Traduit du serbo-croate par Marco Martella -

" Si nous n'avons plus que peu de temps, si le monde autour de nous vacille et que la mort, sous toutes ses formes, avance, il ne nous reste qu'à faire d'un coin de terre, peu importe lequel, un endroit accueillant, un lieu pour plus de vie. "

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Cette lecture en compagnie de Teodor Ceric est un voyage et un témoignage. Jeune homme, en 1992, il quitte la Bosnie en guerre, son pays, abandonnant ses études de littérature pour un long périple de précarité en Europe; une errance européenne d'employé de ports et de marchés durant laquelle il ne se fixe nulle part. De pays en pays, de petits boulots en petits boulots, il découvre d'autres villes, il découvre des jardins jusqu'à s'improviser jardinier en France, au Jardin des Tuileries notamment, avant de retourner dans son pays en 1997 " où plus personne ne m'attendait " et de se consacrer à son propre jardin à partir de 1998 tout en s'adonnant à la poésie et collaborant à divers titres de presse en rédigeant des critiques littéraires.

Nous suivons ce chemin d'exil de Teodor Céric, son cheminement, de jardin en jardin, chemin qui le ramènera, qui l'amènera au sien.

" Il me semblait que ce lieu exposé à tous les vents cachait un secret, comme un poème que l'on ne comprend pas tout à fait mais dont on sent, en le lisant, qu'il est en train de changer notre vie. "

La promenade est délicate, il s'en dégage une jolie émotion, une simplicité. Teodor Céric s'en approche en paix, en douceur. Un chapitre pour chacun comme une escale, une étape aussi, nous racontant l'endroit ainsi que le créateur et/ou le propriétaire, son projet, ses artisans, l'histoire de ce jardin à laquelle se mêle parfois la sienne, souvenirs de jeunesse à Sarajevo. Le jardin " lieu de mémoire et d'oubli "; jardin cimetière, temple, nocturne, théâtre, secret; jardin refuge et lieux de rencontres. Les jardins dans lesquels nous emmènent Teodor Ceric sont peu connus ( mis-à-part le célèbre parisien pour lequel les pages sont justement consacrées aux jardiniers et Painshill Park qui relate aussi une histoire d'homme ), ils sont lieux de rencontres, l'auteur n'en occulte jamais la dimension humaine, la relation avec son créateur ou les personnes agissantes du lieu.

Ce recueil de la collection Un endroit où aller a une histoire également. Il est né de la volonté de Marco Martella qui signe la préface en explications, directeur de la revue Jardin, auteur d'ouvrages sur l'art et l'histoire des jardins ainsi que traducteur de ces récits, de regrouper les quelques textes que Teodor Ceric avait écrit à son invitation pour la revue, en y ajoutant, à chaque ouverture de chapitre-jardin un croquis d'aquarelle que le jardinier poète avait réalisé lors de sa visite.
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Commentaires (6)

1. Anne (site web) 29/01/2015

On a jusqu'à la fin janvier pour présenter son billet non-fiction... ;-) et il est bien attirant !

2. Marilyne 29/01/2015

Chère Anne, je viens de me prendre un fou rire :D
J'envisage d'en présenter un autre d'ici la fin du mois mais ce sera juste pour m'envoyer le lien ^-^

3. Aifelle (site web) 30/01/2015

Il a tout pour me plaire ce petit livre ; je n'en ai absolument entendu parler, heureusement que tu es là :-)

4. Marilyne 30/01/2015

C'est très exactement ce que j'ai pensé lorsque j'ai cédé à la tentation en décembre, et c'est celui-ci que tu as bien failli recevoir ;)

5. Naïk (site web) 02/02/2015

Bonjour Marilyne, je note ce titre qui devrait me plaire :)

6. Marilyne 03/02/2015

Bonjour Naïk, heureuse de te relire ( sur ton blog, ce serait bien aussi :) )
Je crois aussi que tu ne peux qu'apprécier ces promenades.

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