Poupées - R.M.Rilke

Poup

- Rivages - Payot -

Ce court recueil se compose de trois textes ayant pour thème le monde de l'enfance. Non pas des récits d'enfance mais le merveilleux et le souci de l'enfance, hors innocence puérile; l'enfance qui se confronte à la réalité, à la vie, la part d'imaginaire face à celle des conventions sociales, la perte du sentiment d'enfance. Sur les émotions et les possibles enfantins, il se dégage une forme de spiritualité plutôt qu'une philosophie.


Le premier texte – Samskola ( 1905 )- se lit à la façon d'un jolie conte, une utopie que l'auteur situe en Suède, un vœu de Noël, décrivant l'école idéale.


Le second, le plus long, dense et exigeant, qui donne son titre au recueil – Les Poupées de cire de Lotte Pritzel (1914 ) -, inspiré par les poupées de cire créées par l'artiste nommée dans ce titre ( auxquelles fait référence l'illustration de couverture ), relate en prose poétique l'âme d'enfance mêlée aux âmes des jouets qui l'accompagne « entièrement et intimement intégrées dans la vie « .


Quant au troisième - Mitsou ( 1920 ) – écrit en français par Rilke, j'avoue que je n'en pas réellement vu l'intérêt, des pages sur l'attitude des chats avec les humains mignonnes et sans surprise, ce qui pourrait s'expliquer par le fait que ce soit une préface, comme cela est explicité dans l'avant-propos du traducteur. Il s'agit de la préface de l'ouvrage éponyme du peintre Balthus– à l'époque Baltusz comme cité dans ce texte – ouvrage publié alors qu'il était adolescent sur les conseils de Rilkerelatant en image la présence puis l'absence de son chat dans sa jeune vie.


Ce recueil est complété par un excellent article de 1853 intitulé La Morale du joujou signé Charles Baudelaire(publié dans le Monde littéraire ) dans lequel sa réflexion sur la relation de l'enfant à ses jouets et à travers eux la magie de son imagination, ses dispositions en éveil et ses réactions au conditionnement social – le jouet comme expérience de la vie – reste parfaitement d'actualité sur la saveur des descriptions du « joujou » d'autrefois.


Une lecture de décembre originale pour lecteurs curieux.

***

*

Commentaires (7)

1. Martine (site web) 29/12/2013

Tiens, pourquoi pas ?

2. Valérie (site web) 01/01/2014

Moi j'ai vraiment honte de ne jamais avoir lu Rilke qui est si souvent cité dans les livres que je lis.

3. Marilyne 01/01/2014

@ Martine : tu me diras.
@ Valérie : il devient urgent que tu cesses d'avoir honte ! ^^ ( lecture de quelques poésies alors ... )

4. Elly (site web) 05/07/2014

J'ai lu Lettres à un jeune poète qu'en ce début d'année... Ah, quelle beauté ! Je me suis donc laissée tenter par ce recueil qui attend patiemment sur ma table de chevet... Merci pour ce petit avant-goût !

5. Marilyne 05/07/2014

Il est particulier ce recueil ( choisi aussi pour lire l'article de Baudelaire. J'y ai découvert ces poupées de cire, étrange, comme un malaise ). Curieuse de votre lecture.

6. Elly (site web) 09/07/2014

Bonjour
J'ai profité de ces jours pluvieux pour lire le recueil. Je trouve d'abord que le traducteur a fait du bon boulot ! J'en ai retiré un grand plaisir de lecture, pour ma part...
J'ai adoré Samskola, me suis retrouvée totalement en résonance avec la pensée de Rilke, quant à sa peinture de l'école idéale. Mais sans doute parce que le thème me parle... Pour Poupées de cire, il me faudrait le relire pour en saisir les subtilités... Très poétique, j'ai aimé le foisonnement des images, Rilke peut nous emmener loin... Quand au dernier récit, il est amusant, selon moi, attendrissant. Si dans Samskola, le thème du jouet n'est pas flagrant, dans poupées de cire, il prend en effet une teinte un peu curieuse, irréelle, voire fantasmagorique ? Et dans Mitsou, c'est un joujou incarné, auquel on ne peut que s'attacher. Voilà pour mes premières impressions, à chaud :-) Je n'ai pas encore terminé l'article de Baudelaire qui n'est pas sans faire songer à son poème "le joujou du pauvre". Je pense qu'il serait intéressant de le relire à la lumière de l'article.
bref ! Me voici bien bavarde ! Bonne journée

7. Marilyne 09/07/2014

Bonsoir, et merci d'être revenue bavarder. Ils sont extrêmement agréables et intéressants ces échanges après lecture. Pour Samskola, bien que concernée aussi par le sujet de l'enseignement, je l'ai bien lu comme un conte, avec la reflexion que le genre suggère. J'avoue ne pas particulièrement avoir été sensible au dernier texte si ce n'est pour son intérêt historique. C'est le second article qui m'a frappée, je crois que je le relirai aussi.
Bonne lecture de Baudelaire :)

Ajouter un commentaire