Paris - Aragon

 

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Où fait-il bon même au coeur de l’orage
Où fait-il clair même au coeur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris

Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai

Rien ne m’a fait jamais battre le coeur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

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 - Louis Aragon - 1944

( projet personnel de relier ce mois-ci la lecture d'un recueil de nouvelles à celle de la poésie de son auteur - recueil Le collaborateur )

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9 brassai

 

- Brassai - Paris -

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Commentaires (2)

1. Elly (site web) 17/11/2014

Très bel instant poétique ! Et la photo de Brassai est parfaite...

2. Aifelle (site web) 17/11/2014

Oui, le climat de la photo colle parfaitement au poème d'Aragon, si beau.

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